A toi qui t'aventures ici...

Saint Pingouin te salue, avant toutes choses.

 

Ici, tu ne trouveras rien d'intelligent, quelques dessins, quelques photos, quelques textes stupides... rien de bien révolutionnaire.

Mais laisse quand même un commentaire, en souvenir du bon vieux temps.

 

Sincères glaçons,

 

Saint Pingouin

Leader officiel du Peuple Pingouin

Représentant unique du Peuple Pingouin

 

 

Mardi 15 mai 2012 2 15 /05 /Mai /2012 11:48

On l'avait surnommée "cause perdue", au grand dam de sa mamie, pourtant si fière de lui donner des cours de soutien scolaire tout le long de ses années lycée. Elle savait à peine faire une addition, écrivait ses devoirs de français en langage sms, et sa devise durant sa scolarité était la suivante : travailler moins pour rigoler plus.

 

Elle avait réjouit la famille en décrochant un bac STT, à l'étonnement général.

 

Elle avait comblé sa mamie et ses parents, en s'inscrivant en BTS. Faire des études ! Sa mère ne savait pas ce que c'était, son père en avait un vague souvenir.

 

Elle avait même réussi à trouver un stage pour valider son année.

 

Hélas. Il fallait se lever tôt le matin (7h) pour aller travailler. Détail insurmontable, quand on a été élevé dans le respect du réveil pas avant 8h-9h.

 

Sa décision fut prise : elle ne pouvait pas continuer comme ça. Elle arrêtait les études. Se lever tôt pour travailler, c'était vraiment trop dégradant. Et puis de toute façon, elle allait toucher le RSA, donc autant ne pas avoir de projet professionnel, la France est là pour elle.

 

La France qui se lève tôt, qui se couche tard, et qui bosse 12h par jour. Moi compris dedans.

 

 

Ceci dit, elle a quand même un projet de vie : s'installer dans la cité HLM avec son copain et faire des enfants.

 

 

Eh bien, payer des impôts pour subventionner ma pétasse de cousine qui a la flemme d'aller travailler et de faire des études, franchement ça me fait chier. Et vous aussi sûrement.

 

Alors rejoignez le mouvement : secouons ces jeunes cons et mettons les au travail.

Par Saint Pingouin
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Dimanche 13 mai 2012 7 13 /05 /Mai /2012 10:26

Armés de notre courage, le manchot, une copine et moi-même avons décidé de nous mettre à la marche.

 

Armée de mon TopoGuide "Les GR de Lorraine" (que je vous recommande chaudement même si je n'ai pas d'intérêt financier dedans), et d'une map imprimée sur google, nous arrivons en plein centre de Saint A, bien décidés à attaquer la face Nord du Mont-Blanc l'étape Hombourg-Haut / Saint Avold mais à l'envers, car nous sommes des warriors (et surtout parce que nous avons un repas chaud qui nous attendra à Saint Avold le soir, dans le sens retour).

 

Nous ne savions pas qu'à l'arrivée, nous tomberions dans une autre dimension de l'espace-temps, un lieu où le temps n'a pas d'effet, et où des tueurs psychopathes extra-terrestes s'exhibent fièrement.

 

Départ : Saint Avold

Après une longue marche sur le bitume brûlant, nous atteignons la zone industrielle du Gros-Hêtre, où nous devons retomber sur le GR. Evidemment, vu qu'on prend le GR dans le mauvais sens, on ne tombepas du premier coup sur le chemin et on s'égare dans la ZI.

 

Le GR longe la zone industrielle par derrière, dans la forêt, puis s'en éloigne.

Ensuite c'est indiqué donc on peut arrêter de réfléchir et prendre des photos.

 

Foret-et-ZI-Saint-Avold.jpg

 

On passera outre la bande de racailles louches qui squatte un tronc d'arbre au milieu de la forêt, et on se concentrera sur notre but ultime : au moins atteindre l'étange de la Papiermühle.

Nous empruntons la route forestière de la Papiermülhe, une sorte d'autoroute de la ballade mais très agréable puisqu'on n'a pas de risque de se prendre un arbre furtif dans la tronche. En plus ça sent bon la forêt.

 

route-forestiere.jpg

 

Arrivée enfin à l'étang, grande flaque d'eau prisée des pêcheurs et surveillée par un restaurant, bâtisse imposante.

Etant donné qu'on est un peu en avance sur notre planning, on décide de pousser jusqu'à Hombourg-Haut, étant donné que dans le TopoGuide, ils disent qu'il y a des trucs à voir.

 

etang-de-la-papiermuhle.jpg

 

papiermuhle.jpg

 

On rejoint donc la civilisation (l'étang est un peu excentré), puis on emprunte un petit chemin de promenade le long du cours d'eau.

Sur le bas côté, nous trouvons même quelques trèfles à 4 et 5 feuilles.

 

Etant donné que c'est une mutation génétique et qu'il y a tout un pôle d'industries chimiques pas loin, cela aurait du nous mettre la puce à l'oreille. Nous sommes donc en présence de mutagènes... la découvert d'Hombourg-Haut s'annonce palpitante !

Cela me permet de faire une parenthèse : si le trèfle à 4 feuilles est dû à la présence de mutagènes, pourquoi porterait-il chance ? A votre place, à la simple vue de ce spécimen, je prendrais mes jambes à mon cou et partirais très loin. Fin de parenthèse.

 

Bref nous continuons le chemin, passons sous un pont sombre, couvert de graffitis, au sol jonché d'éclats de verre (ça donne vachement envie de continuer), nous manquons de nous faire renverser par deux abrutis de cyclistes, et quittons ce petit chemine buccolique (n'ayons pas peur des mots) pour déboucher... sur le parking de la maison de retraite "le Hêtre Pourpre".

Bon, il y a mieux, mais ce n'est pas le pire.

Car sous l'apparence d'une honnête statue commémorative, vers la sortie du parking, se dresse fièrement un Weeping Angel qui guette sa prochaine victime. (pour comprendre cette phrase, il faut un minimum de culture et google).

 

 

weeping-angel-a-hombourg-haut-2.jpg

 

Le ton est donné. Nous pouvons nous attendre au pire. Qui ne tarde pas à arriver.

 

Ainsi que conseillé par le TopoGuide, nous empruntons la rue pavée qui monte très fort vers le vieux Hombourg, où se trouvent des choses pittoresques. Les maisonnettes de part et d'autre de la rue pavée sont intéressantes, nous arrivons sur un gros rocher et passons sous une arche. On se croirait presque dans le sud de la France.

Je ne parlerai pas du monsieur bizarre le ventre à l'air qui nous a flanqué la trouille à tous.

 

"Après avoir emprunté un morceau du GR Metz-Sarrebrück , nous arrivons à Hombourg Haut, Charmante bourgade mosellane située dans une autre dimension de l'espace temps.
Nous sommes accueillis par la maison de retraite le Hêtre Pourpre, encore ça va, mais aussi par un magnifique weeping angel (seuls les initiés comprendront la profondeur de ce que je viens de dire) qui lui aussi a perdu tout espoir.
L'ascension vers le vieux Hombourg confirme nos craintes, et une légère envie de nous suicider nous assaille au fur et à mesure que nous nous approchons de la Chapelle Sainte Catherine..." Extrait de L'Evangelé selon Saint Pingouin

 

La rue monte, et malgré la présence de voitures garées sur les côtés, il n'y a personne. Rien ne bouge.

La Chapelle Saint-Catherine se dresse fièrement en haut de la rue, monument oppressant qui surveille les moindres faits et gestes des rares habitants qui pourraient se trouver à proximité.

 

 

Montee-vers-Chapelle-Hombourg-Haut.jpg

 

De nombreuses maisons sont à vendre, pas étonnant lorsque l'on s'aperçoit que le coin est infesté de weeping angels (si si).

 

C'est à peu près à mi-chemin entre la Chapelle et l'arche que le manchot a commencé à laisser éclater sa déprime. Il voulait s'assoir sur un banc et attendre jusqu'à ce que mort s'ensuive.

Chapelle-Sainte-Catherine.jpg

C'est vrai que le silence est un peu oppressant. Ceci dit,nous nous dirigeons quand même vers la Chapelle, qui est un magnifique bâtiment, avec de belles pierres, et dont le côté comporte de vieilles pierres tombales ouvragées, très jolies bien qu'il soit morbide d'apprécier l'art funéraire.

 

pierres-tombales.jpg

 

Les tombes nous mènent logiquement vers le cimetière, ma foi très joli et fort bien entretenu, jusqu'à ce que je découvre un autre weeping angel surmontant un monument funéraire.

 

 

 

Les craintes sont confirmées, il s'agit à présent de ne pas quitter cette "statue" des yeux. Un moindre clignement d'oeil peut nous être fatal, et nous propulser dans une autre époque (si, si).

 

weeping-angel-cimetiere.jpg

 

Au fond du cimetière, nous découvrons la fameuse tombe de Théodore Gouvy (si, si, un musicien très connu à son époque mais tombé dans l'oubli après sa mort), puis nous sortons de ce lieu pour nous diriger un peu plus haut, sur les ruines du château (dont il ne reste vraiment pas grand chose).

 

Tombe-Theodore-Gouvy.jpg

 

L'heure avance, il nous faut songer à rentrer (le repas chaud nous attend à Saint A, pas à Hombourg...).

 

Le chemin retour, c'est le chemin aller à l'envers. C'est donc très facile.

Sauf qu'à l'arrivée sur Saint Avold, nous avons la fabuleuse idée de faire un détour en longeant le cimetière américain. Puis un détour dans des lotissements avec des maisons magnifiques et immenses (histoire d'enfoncer le clou).

 

Les pieds étaient déjà douloureux à Hombourg, ils le sont encore plus lors du détour.

 

Nous arrivons finalement les pieds en sang. Enfin c'est une image, on a juste mal partout.

 

Une petite bière bien fraîche fut la bienvenue.

 

D'après le GPS, nous avons fait plus de 22 km, en 5 h de marche. Pas mal pour une reprise, non ? Et en plus j'ai enfin trouvé des weeping angels, merci Hombourg-Haut.

L'avantage du GR, c'est qu'on marche en forêt, et qu'on découvre des bourgades qu'on n'aurait pas eu l'idée de visiter, qui recèlent leurs petits trésors (ou leurs tueurs psychopathes qui prennent l'apparence de statues). C'est donc varié.

 

Il est temps de réfléchir au prochain morceau de GR que nous allons attaquer.

 

Pour de la bibliographie : Don't Blink, Doctor Who.

Par Saint Pingouin
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Vendredi 3 février 2012 5 03 /02 /Fév /2012 09:17

Puisqu'on m'a réclamé la suite, et puisqu'il existe réellement une suite, voici donc la suite de l'histoire de la vie de Stan.

 

Stan avait l'air un peu plus heureux que d'habitude ce matin là.

Malgré le froid glacial qui régnait et dehors et dedans, il avait retrouvé des couleurs et un peu de chaleur intérieure.

Le Stan dépressif, livide, mou, au bord du suicide que j'avais appris à connaître et à réconforter tout en gardant mes distances semblait avoir un peu disparu.

 

La journée de travail commençait comme d'habitude, échange de banalités, ça va oui ça va, non ça va pas, le froid, la pluie, la neige...

 

"Pingouin, ça me fait du bien de te parler. Je me sens mieux. J'ai réussi à me poser les bonnes questions".

 

Merci Stan, je suis heureuse que quelqu'un aille mieux, juste dommage que ça soit pas moi...

 

"Tu vois Pingouin, hier, mon fils est venu me voir. Il était triste. Encore plus que moi. Il est venu à l'hôtel le soir. On a commencé à parler de tout, de rien, de son année scolaire, de son pote Pierre-François qui s'est fait choper avec du shit alors qu'il avait pas du tout une tête à en fumer... Et puis au bout d'un moment, il m'a dit :

 

Papa, je peux te poser une question ?

 

J'ai répondu oui, vas-y, c'est gratuit.

 

Papa, dis-moi, tu vois toujours la fille ? Celle toujours habillée comme une arpenteuse de trottoirs ? Qui travaillait avec toi avant ?

 

Je lui ai répondu que c'était une erreur. Que j'aurais pas du. Que c'était parce que je croyais que sa mère me trompait.

 

Papa, maman ne te tromperait jamais. Elle m'a dit. Elle a trop peur de tomber sur un détraqué qui la frappe, ou qui lui fasse du mal. Elle avait confiance en toi. Elle se sentait en sécurité avec toi. Mais maintenant elle est déçue. Elle ne croit plus en rien.

 

Je ne vois plus l'autre. C'était une erreur de jugement de ma part, fiston.

 

Alors, Papa, dis-moi, pourquoi vous vous séparez ?"

 

C'est là que Stan a eu la révélation : il allait tenter de sauver son mariage. Quel qu'en soit le prix. Pour son fils, pour lui, pour elle, pour que tout soit comme avant, ou presque. Pour continuer à faire de la route ensemble, pour mener à bien tous les projets qu'ils avaient. Pour vivre. Pour être heureux.

 

"J'ai appelé ma femme. On doit se voir ce soir pour en discuter. J'espère que ça se passera bien."

 

J'ai félicité Stan. Je lui ai souhaité bon courage. Et tout en rangeant les jambons en tranches dans le rayon, j'ai pensé à ma vie. A ce qu'il en restait. Au tas de cendres qu'il restait de 5 ans de vie commune avec mon ex-conjoint. A mon impossibilité de vivre avec quelqu'un en harmonie. A mon besoin de tout contrôler. A tout ce que j'ai foiré et à la honte qui me rongeait.

 

Stan réussira-t-il à sauver son mariage ? Retrouvera-t-il un travail "comme avant" ?

 

Suite au prochain épisode...

Par Saint Pingouin
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Jeudi 2 février 2012 4 02 /02 /Fév /2012 16:49

Parfois, je me surprends à comparer ma vie et ma situation actuelle à un château de sable qui s'écroule, emporté par le vent et les vagues.

Je ressens un mélange de honte et d'impuissance, de voir que tout ce que j'ai construit se retrouve réduit à néant.

Tellement d'énergie dépensée pour rien ! Oui, de la honte. De la confusion.

 

Mais je ne devrais pas me plaindre. Il y a des gens plus malheureux que moi. Des vrais gens dans la merde. Comme mon collègue Stan. De son vrai nom Stanislas.

 

Stan a quarante ans passés. Il travaille avec moi tous les matins au supermarché, on est chargés de la mise en rayon de produits frais. On travaille en binôme. C'est un travail chiant, répétitif, physique, et le chef de rayon n'est vraiment pas sympa. Il nous colle la pression, on ne va jamais assez vite. Mais il y a tellement de références, et il ne faut pas mélanger les packagings qui se ressemblent comme deux gouttes d'eau. Et en plus il fait froid au rayon frais. Pour un pingouin frileux comme moi, c'est pas le paradis, loin de là.

Mais bon, on n'a pas le choix. Il faut bien gagner sa croûte.

 

Pour faire baisser la pression et rendre le travail supportable malgré la température, Stan et moi on discute. C'est pas encore interdit par le règlement intérieur donc on en profite... Pendant tout le poste, ça bavarde. Enfin surtout lui. Parce que Stan, c'est plutôt le genre bavard. Un peu soulant des fois, mais c'est comme ça. De toute façon, je préfère que ça soit lui qui parle, car je n'ai rien à dire, et je n'ai pas envie d'évoquer ma vie. Je me méfie de tout le monde maintenant...

 

Je vais donc vous raconter la vie de Stan, avec mes interprétations personnelles, parce que je ne suis pas une machine, donc j'analyse forcément tout ce qu'il me raconte...

 

Stan, il est dans la même situation que moi ou presque. Avant il avait un bon job, avec des responsabilités et tout, dans l'industrie. Il s'occupait d'une équipe de maintenance, un boulot assez dur, assez intense, dans des conditions de travail pires que celles du rayon frais du supermarché : poussière, bruit, mauvais éclairage, chaleur à côté des fours, froid glacial dans les ateliers en hiver. Mais Stan, il adorait son boulot, il était presque né pour ça. Et en plus, ça payait bien, il avait plein d'avantages : un CE, une cantine, des horaires bien pensés, des RTT, des congés, des chèques vacances, des primes de fin d'année, il allait au camping tout le mois de juillet au bord de la mer avec les réductions du CE, une semaine au ski en février toujours avec le CE, bref c'était vraiment chouette d'après lui.

 

Stan vient de Nancy mais il a émigré à Metz. Notamment à cause de son prénom. Il en avait marre qu'on lui demande s'il avait été conçu Place Stanislas, ou ce genre de réflexions stupides. Ca se comprend. Il a aussi rejoint la région messine parce qu'il avait trouvé un bon travail dans l'industrie.

 

Seulement Stan a un peu déconné. Et son château de carte à lui s'est peu à peu écroulé.

 

Il a commencé à soupçonner sa femme de le tromper. Sa femme, qu'il connaît depuis le collège. L'unique femme qu'il ait aimée. Alors Stan, comme il s'y connaît un peu en informatique, il a installé un traqueur GPS sur la voiture de sa femme. Et piraté son téléphone portable pour écouter ses conversations. Du coup, il la suivait à distance. Et ça lui paraissait louche.

Tout ça lui est monté à la tête.

Il n'aurait pas imaginé une seconde une explication logique aux déplacements de sa femme : ramener une collègue chez elle, aller voir une copine, faire du shopping...

Mais peut-être qu'il avait raison, qui sait ?

 

Au lieu de régler ça entre adultes, Stan a continué son petit jeu d'enquêteur.

Et puis il a commencé à voir une autre femme, qui travaillait dans la même usine que lui. Une secrétaire de bas niveau, fraîchement divorcée, avec un enfant en bas âge à charge, elle a quinze ans de moins que lui, et vit dans un HLM.

 

La qualité de son travail a commencé à légèrement s'en ressentir. Mais rien de méchant. Au début.

Puis il a décidé d'engager une procédure de divorce avec sa femme. Sa crise de la quarantaine, en quelque sorte.

De grosses tensions sont apparues dans le couple : la femme ne comprenait pas pourquoi, donc a commencé à se poser des questions. Et lui continuait de voir l'autre.

 

J'ai oublié de vous dire que Stan a un enfant, qui doit passer le bac cette année.

 

Un divorce, ça prend du temps et de l'énergie, il faut penser à tout, (ils l'ont rappelé sur Europe 1 l'autre jour !) et du coup, on n'a plus trop la tête au travail.

On commence à faire des erreurs.

On s'investit moins.

On ne fait plus 100% du boulot.

On oublie des choses.

 

Et au final, au bout de quelques temps, quand les problèmes matériels s'accumulent et les plaintes des collègues s'amoncellent sur le bureau des RH, après enquêtes, on se fait finalement licencier pour faute.

 

C'est ce qui est arrivé à Stan.

Il se retrouve à la rue, sans emploi, avec plusieurs crédits sur le dos (la maison, les voitures).

Sa femme découvre qu'il a une maîtresse : c'est un mauvais point pour lui dans la procédure de divorce. Car contrairement à lui, elle ne le trompait pas, malgré ce qu'il s'imaginait. Elle le fout dehors gentiment. Il accepte la sentence.

 

Stan pense alors se réfugier chez sa maîtresse. La jeune. Seulement, elle n'a pas trop envie d'entretenir un mec comme Stan. Mais comme elle a quand même un peu pitié de lui, elle lui propose de rester quelques jours, le temps de trouver un appartement.

Il ne peut pas louer d'appartement. Son dossier est refusé partout. Il a finalement décidé de demander un dossier dans un HLM.

 

Il n'a plus de travail, et il ne peut pas passer ses journées à ne rien faire. Alors il a fait comme moi : il s'est inscrit dans une agence de travail temporaire. Et a atterrit ici, pour remplir les rayons. Ca fait plus de six mois que ça dure. Et sa situation n'est pas prêt de s'arranger.

Ils lui ont récemment diagnostiqué des plaques dans les poumons. C'est un gros fumeur, et il a aussi travaillé en milieu amiante sans le savoir, car à l'époque personne ne s'inquiétait de ça.

Son fils ne lui parle plus, car il s'est senti trahi. Et comme il passe le bac, il essaie de se concentrer sur le lycée...

Sa femme pareil.

Sa maîtresse ne s'intéresse plus à lui car il ne gagne plus aussi bien sa vie. Elle l'a foutu dehors.

En attendant d'avoir un logement, il a pris une chambre dans un hôtel bas de gamme pour ne pas être un boulet pour qui que ce soit.

 

Des fois, Stan est vraiment déprimé. Mais il essaie de garder la face.

Des fois, quand il parle, j'essaie de lui trouver des solutions. De lui donner des pistes. De le réconforter.

Et des fois, le lendemain matin, il me remercie de l'avoir écouté, me dit que ça lui a fait du bien.

 

Alors oui, je suis un peu la psy de Stan. J'essaie de l'aider. Mais aider les autres, ça commence par les écouter, non ? Et en aidant les autres, on se sent un peu moins merdique.

 

Allez courage Stan...

Par Saint Pingouin
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Vendredi 27 janvier 2012 5 27 /01 /Jan /2012 16:43

Comment j'ai pu louper ma vie à ce point ?

 

Moi qui pensais être un pingouin raisonnable, réfléchi, calculateur, planificateur, évitant toutes les erreurs et tous les travers bref que dalle.

 

7 ans d'études pour décrocher une place correcte à l'autre bout de la France. Des perspectives d'avenir plutôt pas mal par rapport à la crise en préparation.

On en profite pour construire une vie à deux. On fait des projets. On les met en oeuvre. On met de l'argent sur la table, beaucoup même.

Au final, on a quoi ?

Rien. On l'a mauvaise. De l'argent jeté par la fenêtre, voilà tout ce que c'est. Un beau gâchis.

 

Et puis comme un malheur n'arrive jamais seul, tu perds ton travail.  Comme tu as des crédits sur le dos, parce que comme un con tu te dis, je vais emprunter quand même, et comme j'ai un salaire correct, ça va passer tout seul.

Seulement, comment expliquer à tout le monde que tu as perdu ton travail et que tu vas devenir un boulet, parce que t'as droit à rien de paupaul emploi ?

 

Bah le plus simple c'est de ne rien dire. Et de raconter des gros bobards. Mais évidemment ça ne marche qu'un temps. après il faut prendre tes responsabilités, tout avouer, et changer de vie.

 

"Tiens, tu n'as plus ta voiture de fonction ?". Non, on a fait des coupes budgétaires et on n'a gardé que les fourgonnettes des ouvriers. J'ai une indemnité kilométrique à la place, ça m'arrange, ça m'évite d'avoir plein de voitures devant chez moi et les voisins sont moins jaloux.

 

"J'ai voulu t'appeler sur ton numéro pro, ça m'a mis numéro non attribué" Rapport à la réduction des dépenses, on n'a plus de téléphone. C'est un peu compliqué mais on marche uniquement avec des e-mails, et finalement c'est beaucoup plus clair.

 

"Tiens, tu as des horaires bizarres en ce moment ? C'est quoi ces réunions jusqu'à 22h ?". Une nouvelle organisation de l'entreprise, c'est compliqué à expliquer, enfin tu connais mon patron...

 

"Tiens, t'as pas encore été payée ce mois-ci?" Non ben en fait on a un client qui ne nous paie pas donc on a de gros soucis de trésorerie, on nous a demandé de faire un effort et d'accepter de toucher la paie avec deux semaines de retard.

 

"Bizarre, le montant de ton salaire ne correspond plus aux précédents !" En fait, toujours rapport au client précédent, j'accepte de diminuer mon salaire de trois quarts pendant six mois, et après j'aurai une prime pour la régularisation, c'est compliqué...

 

"Pourquoi sur ton extrait de compte c'est marqué SALAIRE MACDO, je croyais que tu bossais dans le bâtiment ?" Là, la bonne réponse c'est "qui t'a permis de fouiller dans mes affaires personnnelles ?

 

"Pourquoi tu  sens la frite ?" Parce que j'ai pas le temps de manger autre chose le midi...

 

Car oui vous l'aurez compris, je travaille désormais dans un fast-food, et j'ai réussi à le cacher plus ou moins bien jusqu'à ce que le pot aux roses soit découvert. C'est la seule solution que j'ai trouvée pour continuer de rembourser mes prêts. J'apprends aussi à manger moins, à dormir avec trois couvertures, et à n'utiliser que très peu d'eau pour me laver. Je cherche évidemment un deuxième travail à côté, parce que je ne suis pas à plein temps.

 

Ce qui m'amène à passer des entretiens d'embauche dans la grande distribution, secteur assez développé dans le coin puisque je n'ai jamais vu autant d'hypermarchés au même endroit...

 

Bref, après quatre entretiens, me voilà enfin "hôtesse de caisse". Une petite expérience de deux mois en job d'été m'a permis de passer devant trois personnes qui n'avaient aucune expérience. Je suis un peu triste pour elles car elles avaient vraiment besoin de ce travail. Ceci dit, moi aussi.

 

J'aurais préféré trouver un boulot posté dans l'industrie, mais pas d'opportunités pour l'instant. J'ai aussi pas mal d'expérience dans le travail à la chaîne donc j'aurais pu avoir quelque chose... Mais bon, le salaire doit rentrer, je n'ai pas le temps d'attendre que des postes se libèrent. Quant à trouver un travail en rapport avec mes qualifications, autant attendre le déluge.

 

Me voilà donc à supporter des clients qui m'insultent toute la journée. Frites trop froides, pas assez nombreuses, code barre qui passe pas. Tout est prétexte pour passer ses nerfs. Je suis le punching-ball des névroses de mes concitoyents. J'accepte ce rôle, car je n'ai pas le choix. Mais comment voulez-vous vivre comme ça éternellement. Et sans complémentaire santé en plus puisque votre ex-conjoint vous a fait radier de sa mutuelle d'entreprise.

 

L'avantage, c'est que la famille n'est pas au courant et on peut continuer de leur faire croire que tout va bien.

 

Moi qui voulais juste avoir une vie normale, je me retrouve seule, ruinée ou presque, avec un bac +7 qui sert à rien. J'ai ravalé ma fierté et j'essaie de continuer d'avancer... peut-être qu'un jour meilleur se profile à l'horizon, avec un super boulot bien payé... que je pourrai arrêter de vivre dans un 20 m² (car oui, quand tu perds ton travail, tu prends un appartement plus petit, c'est la loi du budget limité)

 

Je ne cherche pas la compassion, à vrai dire finalement je m'en fiche, c'est peut-être un mal pour un bien. Ca permet de réfléchir. C'est bien de réfléchir... non ?

 

Par Saint Pingouin
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